De la France au Sénégal par la terre et par la mer – Introduction

En 2013, après 9 mois de séjour universitaire et de stage au nord du Sénégal, j’avais relié Saint-Louis du Sénégal au Maroc par la route. Parti seul, j’avais traversé la Mauritanie, le Sahara Occidental et le Maroc en une dizaine de jours. Ces quelques milliers de kilomètres sahariens à travers cette zone du monde où Afrique sub-saharienne et Maghreb se rencontrent avaient alors aiguisé ma curiosité. Treize ans plus tard, c’est dans le sens inverse, en partant du sud de la France, que j’ai décidé de faire ce chemin. Parti d’Avignon, je me donne une vingtaine de jours pour rejoindre la Casamance, région située tout au sud du Sénégal. C’est un parcours d’environ 5000 km, sur lequel j’alternerai entre les trains (jusqu’au centre du Maroc), les ferrys (pour traverser Gibraltar puis pour se rendre en Casamance depuis Dakar) et surtout beaucoup de bus, dans les longues lignes de droites du désert. Je n’ai déterminé aucune étape, réservé aucun hôtel ni aucun transport en dehors du tout premier train pour l’Espagne, ce qui laisse une grande place à l’imprévu.

J’ai bien noté, ces dernières années, que les voyages sans avion avaient le vent en poupe. Sur les réseaux sociaux, les publications qui expliquent comment traverser l’Europe en train le plus rapidement possible sont virales. Voyager sans passer par les airs et le faire savoir est devenu un excellent moyen d’obtenir un brevet d’éco-responsabilité : un totem incontournable pour qui veut prouver tout à la fois dévouement à la cause écologique et sagesse du voyage lent.

Je n’ai pas volé depuis années et ce parcours jusqu’en Afrique de l’Ouest pourrait bien être rangé dans cette catégorie des voyages responsables. Mais ce n’est pas vraiment ce qui motive ce long cheminement. Je vois par le voyage au sol avant tout un moyen de parcourir la géographie du monde à un rythme terrestre, terrien : au rythme des habitants. D’ailleurs, mon retour se fera par les airs, disqualifiant toute potentielle recherche d’exemplarité.

Pas de brevet d’écologie, donc, et pas non plus celui du guide touristique ou de l’aventurier : on ne trouvera dans ce récit ni les secrets pour trouver l’itinéraire le plus rapide (traverser le Sahara par l’ouest est assez simple, il n’y a qu’une seule route), ni récit d’aventure héroïque dans des contrées perdues à dos de chameau ou dans des wagons de minerais (prisé par les influenceurs, le train minéralier de Mauritanie voit désormais affluer des touristes du monde entier, plaçant « l’expérience » au rang des choses qu’il faut « avoir fait au moins une fois dans sa vie »). Ce récit en 5 épisodes, écrit sur la route, n’a pas d’autre ambition que de raconter un voyage à travers les lieux et les gens, et de partager les réflexions qu’ils provoquent chez moi. Le plus simplement et, je l’espère, le plus humblement possible.

Bonne lecture !

Episode 1 : L’Espagne. D’Avignon à Tanger, à grande vitesse jusqu’au détroit bloqué.

Episode 2 : Le Maroc

Episode 3 : Le Sahara Occidental

Episode 4 : La Mauritanie

Episode 5 : Le Sénégal

De la France au Sénégal, la route est assez simple…

Laisser un commentaire